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Re: Pour arriver à Castellammare del Golfo
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Bon courage pour rejoindre la course, Claude !!
J'ai mis la carte sur mon frigo pour pouvoir vous suivre !
De tout coeur avec vous; et j'espére la prochaine avec moi !
NICO

Posté le : 03/08/2009 16:51
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Re: Pour arriver à Castellammare del Golfo
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Ciao Claude,

I will join the route in Castellammare, too.

I booked the flight weeks ago and I cannot help you on this.
But if you'll find a cheap flight to Palermo, then you can easily reach Castellammare by train from Palermo airport to Piraineto first and then from Piraineto to Castellammare. Less than 1 hour!

If you will land in Trapani you have to reach the main station first and then to Castellammare by train. Almost 2 hours in this case.

Check the timetable on the following site:
http://trenitalia.it/

See you in Sicily!

Posté le : 03/08/2009 15:57
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Pour arriver à Castellammare del Golfo
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Bonjour à tous,
je compte vous rejoindre en Sicile par avion.
Auriez-vous des infos concernant les compagnies qui ont les meilleurs tarifs et en suite arriver à Palerme quel type de transport utiliser pour Castellammare del Golfo.
Vous remerciant par avance de vos réponses.
Amicales pensées .
Claude

Posté le : 01/08/2009 11:58
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Re: Jasmin 2000
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Bonsoir à tous,

La lecture de la traversée de MENTALO m'a interpellé, je poste le texte que j'avais commis en 2000, c'est sidérant ils sont différents mais ne se contredisent jamais.

Depuis, Matapant est monté 2 fois en Gréce.

Je viens de m'inscrire pour l'édition 2009

Toulon, 31 juillet 2000.

Plein de gasoil, d’eau et de nourriture dont le rosé boisson indispensable à bord, Matapan traverse la rade de Toulon en direction du quai d’honneur (pas moins).

Nous attends (enfin pas que nous) l’organisation de La route du Jasmin afin de nous emmener vers notre première expérience semi-hauturière.

Appel sur le canal 72, un canot vient nous chercher et nous guide vers notre place, parallèle au quai en face d’un café-terrasse.

Les badauds passent et regardent tous ces bateaux colorés par les autocollants et les grands pavois claquants au vent, je me demande si leur nuit sera aussi belle que la mienne pleine de rêves de voyages et d’aventures en mer.

Je termine les dernières formalités au Grand café de la rade siége du PC provisoire, l’accueil est souriant et tout semble bien rodé.

Matapan revêtu de ses autocollants ressemble à ses congénères à l’exception du grand pavois malheureusement oublié.

Vers 20 h 30 un bus nous emmène pour notre dîner de départ. La salle du restaurant n’est autre que le pont du DIVES bateau musée d’où nous avons une vue superbe sur la rade, le soleil couchant ajoute la magie de ses couleurs.

Nous apprenons qu’un navire de la marine nationale nous accompagnera au cours de notre croisière mais pourra être rappelé sur Toulon en cas de besoin, il s’agit du Chevreuil, 42 mètres et 12 hommes d’équipage.

L’ambiance est faite des exclamations bruyantes d’anciens se retrouvant et de la réserve des petits nouveaux comme nous, tout cela se dilue progressivement dans le courant de la soirée.

La silhouette du FNRS III se donne des allures d’engin extra terrestre prés du parking ou nous attendons le bus du retour.

Nous sommes encore éblouis par la qualité de cette soirée lorsque nous rejoignons nos couchettes et nos rêves.

Rade de Toulon, lundi 31 juillet 2000.

Toute la semaine précédant notre départ le vent a soufflé sur l’ensemble de la Méditerranée entre force 6 et 10, la question lancinante est : baissera-t-il pour lundi ou retardera-t-il notre départ et de combien de jours.

Je n’ai pas envie de débuter cette croisière par des conditions trop musclées car si Matapan est prêt techniquement, l’équipage est loin d’être amariné et d’avoir pris ses marques dans le bateau.

Hier le vent est tombé comme l’avait prévu la météo et le briefing nous annonce 2 à 4 de nord-ouest ou sud-est, les documents ne concordent pas et laissent toutes les interprétations possibles, en fait nous l’aurons dans le nez jusqu'à La Caletta c’est à dire du sud-est.

Pour l’instant nous passons la ligne de départ de la régate en rade de Toulon en 8ème position, sur 78 bateaux ce n’est pas mal. Jean Luc et moi sommes fiers de nous car nous n’avons pas complètement perdu la main de toutes nos années de compétitions.

Maryse et Brigitte cherchent une position confortable et sûre car Matapan est presque sur les listons dans les risées.

Nos voiles ne sont pas vraiment des voiles de régate, piper au près n’est pas la tasse de thé d’un Evasion 34 et nous passons la ligne d’arrivée dans les derniers.

Nous serons classés 21ème sur 30 dans notre groupe, pas si catastrophique que ça.

Mais foin des ces bricoles, 260 miles nous attendent avant d’atteindre La Caletta et le vent est pile dans l’axe en faiblissant.

La flotte s’est scindée en deux parties, l’une tire un bord vers Porquerolles l’autre vers le large. Nous faisons partie de cette dernière mais pas très longtemps car le vent continuant de faiblir nous mettons le moteur.

J’ai un peu honte d’abandonner si vite mais il faut se rendre à l’évidence, marcher au près dans un petit vent variable va transformer cette étape en galère.

Dans notre projet, naviguer à la voile ne se conçoit que si c’est agréable, ce qui n’est pas le cas actuellement, nous avons un bon moteur bien révisé autant en profiter.

Pilote automatique calé sur les Bouches de Bonifacio via le feu des Moines nous nous installons pour 48 heures de navigation non-stop.

Nous cherchons en vain des dauphins, ce qui est bizarre dans cette zone en revanche des photos immortalisent un beau coucher de soleil.

Avant de partir nous avions préparé les points GPS de la traversée des Bouches ce qui avait permis à J. Luc de se familiariser avec le modèle de GPS équipant Matapan.

Nous avons bien en tête tous les deux le parcours sur la carte et le bateau sera autant en sécurité avec l’un qu’avec l’autre.

Des quarts de 4 heures ont été choisis, cette durée restera tant que nous serons 4 à bord mais les heures de début et de fin seront adaptées aux envies de chacun et au rythme de la journée.

En mer entre Toulon et les Bouches, mardi 1er août.

Hier le pilote nous a posé un problème, il se bloque et ne corrige plus le cap comme s’il n’avait pas de compas, le bateau tourne en rond et moi en bourrique.

Il avait manifesté ce défaut l’année dernière et je pensais l’avoir résolu car après démontage et nettoyage il nous avait emmenés à Port Cros puis Porquerolles sans broncher quelques jours auparavant.

Il est reparti après que je l’ai démonté et tripoté un peu partout dans l’espoir de supprimer le mauvais contact, pourvu qu’il tienne.

Le vent est stable en force (faible) et en direction (dans le nez), le moteur nous propulse donc dans son ronronnement entre 5,5 et 6 nœuds.

A 19 heures nous sommes en face de Bonifacio, j’aurais aimé négocier les Bouches de jour pour leur beauté d’une part la sécurité d’autre part mais le départ de Toulon à midi plus 32 heures de navigation entraînent une entrée vers 20 heures.

L’organisation a imposé l’usage de la grande passe ce qui supprime la plupart des risques, depuis mes stages à Beg Rohu il y a 25 ans c’est ma première expérience de nuit dans un endroit mal pavé.

M…. Le pilote vient de lâcher et ce n’est vraiment pas le moment. Je le re-redémonte jusqu’au petit compas flux-gate que j’ai un mal de chien à remettre en place mais il démarre à nouveau et fonctionnera jusqu'à La Caletta.

Après cet incident il reste une petite tension car il faudra surveiller de prés le pilote alors que nous préférerions nous concentrer sur la navigation et les feux.

Un doute de J. Luc sur un feu nous fait contrôler en catastrophe les coordonnées du way-point vers lequel nous nous dirigeons ainsi que notre position.

Le passage se fera sans aucune difficulté en allant d’un way-point à un autre, il suffit de fournir le nouveau cap au pilote et porter notre position sur la carte.

Nous avons fait du bon travail avant le départ et il n’y aura pas d’erreur sur la route fournie par le GPS.

La Caletta, mercredi 2 août 2000.

Toute la nuit nous longeons la cote est de la Sardaigne et après avoir contourné largement les récifs qui débordent la baie nous entrons à 7 heures dans le port de La Caletta.

Des gens nous font signe sur les pontons pour nous indiquer notre place et prendre nos bouts d’amarrage. Nous sommes touchés par un tel accueil si tôt le matin.

Dix bateaux sont arrivés avant nous et nous avons le temps de voir arriver les 67 autres.

Les derniers n’ayant pas utilisé leur moteur arriveront le lendemain matin, certains obligés d’abandonner à 8 miles du but l’heure limite d’arrivée atteinte.

Aucun bateau ne fera le trajet entièrement à la voile mais les 3 derniers à avoir utilisé leur moteur seront récompensés par une coupe.

Le Chevreuil qui attendait au large, prendra sa place dans le port à 9 heures accueilli par un détachement de la marine italienne.

Douche pour tout le monde y compris le bateau, les filles partent à la recherche d’un distributeur de billets et de provisions qu’elles trouvent sans problème car il n’y a qu’une seule rue commerçante.

J. Luc prend en main la confection de steaks hachés avec plein d’oignons et de pâtes italiennes avec 2 sauces. Il mettra désormais son savoir-faire culinaire à la disposition des cuisinières officielles qui en profiteront pour lui laisser l’initiative.

Visite de la ville qui n’offre aucun intérêt architectural mais qui est très vivante grâce aux touristes italiens puis repas dans notre premier restaurant.

Celui-ci nous a été indiqué par nos voisins et nous trouvons sympathique la cour intérieure pleine de verdure ou sont dressées les tables.

Nous arrivons à composer un menu grâce à un serveur baragouinant le français, la nourriture à base de poissons est bonne et l’addition ne sera pas douloureuse.

C’est la première fois que nous voyons une carte ou sont indiqués les produits frais et ceux qui sont congelés.

La caletta, jeudi 3 août 2000.

Ce matin à 11 heures départ de la régate dans la baie, Maryse et Brigitte agitent leur mouchoir sur la jetée.

En fait, elles n’ont pas de mouchoirs à agiter depuis qu’ils sont en papier mais le départ se faisant au portant, les spis montent rapidement et le spectacle est magnifique depuis la terre.

Nous sommes dans la mêlée sur la ligne de départ et tout va très vite, des italiens participent mais n’ont pas encore assimilé nos règles qui sont celles régissant les abordages en mer, pas question de demander de l’eau à une bouée, ça hurle et quelques coques se frottent.

L’une d’elles laissera un peu de gelcoat sur notre ferrure de fixation de béquille qui ne craint rien.

Nous passons la ligne de départ dans les premiers.

L’arrivée à la 1ère bouée sera chaude également mais nous faisons partie du dernier paquet.

Le vent tombe progressivement, ça n’est plus pour nous et nous rentrons au port car il reste une douzaine de miles et nous n’y arriverons pas avant l’heure limite.

Un repas a été organisé, nous attendons le retour de la régate pour nous y rendre mais comme il manque des places assises il débute avec tous les présents.

Des retraités participent au service en souriant, pâtes, charcuterie, moules, fruits, vin, le tout à volonté.

Notre table hérite d’une bombonne de vin blanc couverte de buée, nous servons de fontaine à vin blanc pour les tables voisines.

Ambiance extraordinaire de spontanéité et de gentillesse.

Nous n’en sommes qu’au dessert lorsque les premiers régatiers nous rejoignent, le vent s’est levé entre temps, si on pouvait tout savoir…

Ce soir apéritif sur le Chevreuil avec toutes les personnalités locales.

La Caletta, vendredi 4 août 2000.

Cet après midi excursion à Posada, c’est un village sur une colline en pain de sucre surmonté des ruines d’un château et d’une tour.

Ce n’est pas très loin et le transport se fait dans un bus scolaire qui part toutes les ½ heures. Il a la particularité d’avoir des sièges aux dimensions des enfants qu’il transporte habituellement et nous avons les genoux sous le menton.

Il y a une belle vue depuis la tour et nous découvrons une Sardaigne irriguée et cultivée.

Le soir présentation de produits locaux, bof..., puis grand raout avec les autorités locales, beaucoup de discours, il manque des chaises et le buffet est rikiki.

Nous nous asseyons sur l’estrade ou se produisent des chanteurs qui perpétuent le chant des hommes ‘a capella’ comme les Corses.

Danses folkloriques dans un autre local mais aucun de nous n’a envie d’y aller, demain une grande étape nous attends.

Entre La Caletta et Trapani, samedi 5 août 2000.

Le départ à lieu à11heures 30 pour Trapani à 230 miles, c’est notre 2ème grande étape, il y a toujours très peu de vent, le moteur est encore mis à contribution.

Nous reprenons notre rythme des quarts libres de jour, à tour de rôle chacun annonce qu’il surveille la route ce qui permet à l’autre de lire, rêver ou faire la sieste.

En fin d’après midi le vent se lève et nous envoyons les voiles.

A 22 heures je prends le quart avec Brigitte, le vent forcit en venant de l’arrière et de 15-20 nœuds passe à 30 nœuds.

Le pilote a du mal à suivre car les vagues venant de l’arrière comme le vent font embarder le bateau. Je le déconnecte puis réduit la grand voile et le foc.

Nous risquons l’empannage dans les embardées, je préfère rouler la grand voile complètement, lLe génois roulé à 50% nous tire à 7 nœuds.

Brigitte a pris la barre et trouve rapidement le bon rythme anticipant les embardées.

Le compas dont la surface est dépolie est difficilement lisible, il va falloir trouver une solution à Trapani.

Le vent monte à 35 nœuds avec des rafales à 37-38 nœuds (70km/h), Matapan malgré la mer ne roule pas et poursuit sa route imperturbablement, c’est un bon cano’t.

Brigitte le regard fixé sur le feu du bateau qui nous précède ne peut voir les grosses vagues qui viennent de l’arrière, je préfère ne pas lui en parler pour ne pas l’impressionner.

Debout, s’équilibrant sur une jambe puis l’autre au rythme du bateau elle semble prendre beaucoup de plaisir.

Vers une heure du matin, fatiguée elle me demande de prendre le relais.

Nous n’avons pas encore trouvé d’équipiers pour le retour et à la manière dont nous nous débrouillons je me demande si nous ne pourrions pas le faire tous les deux.

J. Luc prend la relève à 2 heures, pour une raison que j’ignore il refuse de se faire aider dans ses quarts par Maryse, de toute façon dans les conditions de vent actuelles je préfère rester avec lui sur le pont.

Dans des rafales à 2 reprises le foc est pris à contre et les écoutes s’emmêlent. Nous devons prendre une décision, soit nous tirons des bords pour ne pas rester plein vent arrière soit nous roulons le foc.

J. Luc va à l’avant démêler les écoutes, nous roulons le génois et continuons au moteur.

C’est tout de suite plus confortable et nous perdons peu de vitesse malgré le régime économique de 2000 tours, je vais m’allonger dans le carré à portée de voix.

Sur le matin le vent tombe complètement et nous n’aurons plus l’occasion d’envoyer les voiles avant Trapani.

La journée s’écoule paisiblement, nous croisons des dauphins qui ne viennent pas jouer avec le bateau comme ils le font souvent.

L’arrivée à Trapani est prévue à 4 heures demain matin, il fera pleine nuit, il y a des hauts fonds autour du port et sa disposition sur la carte paraît complexe, c’est aussi ma première arrivée de nuit dans un port inconnu.

Trapani, lundi 7 août 2000.

Le GPS nous guidera pile poil à l’entrée du port ou un canot nous emmènera à notre place, là encore une équipe sera présente pour prendre nos bouts d’amarrage. Chapeau…

Il n’y a pas beaucoup d’eau dans le port de Trapani, plusieurs bateaux s’échouent dans moins de 2m d’eau.

Nous n’avons eu aucune difficulté à prendre notre place ce matin, c’est un coup de chance car à 2 reprises, en rentrant de faire le plein et en partant pour Pantelleria nous toucherons les blocs de béton fixant la chaîne mère.

Comme d’habitude les filles vont à la découverte de la ville et de ses commerçants pendant que nous rangeons Matapan.

Durant la traversée plusieurs bateaux ont pêché des thons, une distribution a lieu sur les pontons.

Nos voisins J. Claude et Lucette en ont pris aussi et ils nous donnent une belle portion déjà cuisinée, il ne reste plus qu’à la réchauffer.

Ils naviguent tous les deux sur un océanis 321, tous les trois plutôt car ils ont une bergère allemande gentille comme tout.

La nostalgie de notre chienne Lola nous la fait prendre en affection et nous lui amenons nos restes.

Leur problème est de ne pas faire de trop grandes étapes car la chienne refuse de faire ses besoins sur le bateau, d’après leur vétérinaire 24 heures maximum, 36 heures étant l’extrême limite de rétention, pour l’étape de La Caletta ils ont fait escale en Corse.

En fin d’après midi (avant il fait trop chaud) nous partons à la découverte de la ville.

Je lui trouve un air baroque avec toutes ces églises à coupoles et ces belles façades mal mises en valeur dans des rues trop étroites.

Nous commençons à intégrer, le laisser aller, la négligence, la saleté comme des éléments naturels du décor et cela choque de moins en moins notre vision de gens du Nord.

En passant devant une église dont les portes sont ouvertes j’ai le regard attiré par un éclat métallique très brillant.

Il s’agit d’une statue de la vierge qui semble recouverte de feuilles d’aluminium, elle me rappelle Cispéo le robot doré de la guerre des étoiles.

Il y a une cérémonie en cours, je ne peux m’en approcher ni utiliser le flash. Je prends une photo discrètement calé contre un pilier de l’entrée. Le manque de lumière imposera le 1/8 de seconde et malgré le stabilisateur d’image elle manque de piqué.

Nous en profitons pour repérer la station service sur les quais, elle est à proximité du Chevreuil qui se trouve exilé loin de ses ouailles.

Après demain matin il y a une régate, nous avons décidé de ne pas y participer et de faire un entretien complet avec vidange du moteur.

Il faut trouver de l’huile et une gaffe car dans la salade d’écoutes du coup de vent elle a été arrachée de ses clips sur le toit du roof.

Nous ferons un repas quelconque au club house de la Ligua navale dont on nous avait pourtant dit grand bien.

Trapani, mardi 8 août 2000.

Aujourd’hui tourisme en bus, nous partons dans le 2ème groupe à 13 h 30 vers des marais salants ou est prévue une dégustation de charcuteries et de fromages puis direction Erice vieux village dans la montagne au dessus de Trapani.

Craignant de ne rien trouver au buffet puisque arrivant en dernier Brigitte nous réchauffe le thon donné la veille, nous nous régalons.

Bien nous en a pris le buffet a été ravagé par nos prédécesseurs, ça râle, certains exagèrent et parlent de leurs droits bafoués, on croirait le courrier de 50 millions de consommateurs.

Les organisateurs ramènent ceux qui souffrent des affres de la faim vers le club house ou ils trouveront de quoi survivre.

Nous préférons nous joindre au 1er groupe et continuer l’excursion, il sera toujours temps de manger plus tard.

Nous sommes surpris par la blancheur éclatante du sel en exploitation.

Erice est un village moyenâgeux qui rappelle Cordes.

Nous décidons de nous séparer car je ne veux pas ralentir Brigitte, Maryse et J. Luc avec mon pied qui me gène ni m’imposer un effort qui me gâcherait la visite.

Je choisis un sentier qui chemine sous les arbres cela me permet de découvrir les maisons habitées de façon permanente et la vraie vie à Erice.

Il y a des cours ombragées et fraîches ou il doit faire bon se réunir et discuter.

J’atteins la partie abrupte ou la vue se dégage sur la mer et la montagne lorsque je croise mon équipage, nous tombons d’accord pour nous réfugier dans l’ombre d’une ruelle devant une bière.

Je découvre la route en lacets qui nous ramène au port, une douce somnolence m’en ayant empêché à l’aller.

Nous recevons ce soir Lucette et J. Claude pour l’apéritif afin de les remercier pour leur thon, ils nous invitent pour demain midi.

Trapani, mercredi 9 août 2000.

Les filles qui commencent à connaître la ville comme leur poche ont trouvé un shipchandler sur le port des pêcheurs.

C’est une véritable caverne d’Ali Baba, le matériel s’empile jusqu’au plafond, couvre les comptoirs et le passage derrière ceux-ci, nous trouvons ce qu’il nous faut à un prix normal.

Nous attaquons la révision du moteur, J. Luc a la main plus mécanique que moi.

Je dépose l’huile de vidange dans un récipient destiné à cet effet mais il est archi plein et j’ai un doute sur la façon dont les autochtones se débarrassent de cette cochonnerie.

Nous avons du mal à retendre la courroie de l’alternateur, il nous manque une barre pour faire levier.

Le ship de Pin Rolan m’a donné un échantillon de cire qui durcit et fait briller les parois du cockpit ainsi qu’un morceau de papier à polir 9 microns destiné à la bulle peu lisible du compas.

Le résultat du papier à polir est désastreux, c’est pire qu’avant à moins que nous ne sachions pas nous en servir.

En désespoir de cause nous essayons le seul produit que nous ayons à bord, la cire dont l’aspect ressemble à de la pâte à polir. Maaagique !!! , en 10 minutes le problème du compas est réglé.

Une nuit pourtant le compas sera de nouveau illisible, comment est-ce possible ? Il ne s’agit que de rosée et un morceau de sopalin suffira à régler le problème.

La pelouse devant le club est transformée en salle a manger, notre ponton en praticable avec moquette et portiques, une estrade avec une sono domine le tout, quelque chose d’important se met en place.

On nous prévient qu’entre 21 et 23 heures notre ponton sera pour nous impraticable (facile) pour cause de défilé de mannequins, il faudra que nous soyons assis à notre table pour 20 heures sans pouvoir retourner au bateau.

Le vent a soufflé toute la journée et continue durant la soirée, il fait frais et malgré un pull nous n’avons pas très chaud dans nos shorts.

A 21 heures 30 le service débute sans qu’il y ai eu de discours, nous n’aurons pas d’explications mais il semble manquer une personnalité importante…

Un groupe musical se produit pendant que nous dînons, la remise des coupes se fait vers la fin du repas, le défilé de mannequins est bâclé sans utiliser notre ponton.

Beaucoup de chiqué et de tralala pour pas grand chose, en tous cas pour des marins aussi peu mondains que nous.

Trapani, jeudi 10 août 2000.

Nous partons aujourd’hui pour Pantelleria, en fin d’après midi briefing météo, le vent qui soufflait si fort hier gâchant la soirée s’est calmé. Il en reste suffisamment pour faire une navigation de nuit agréable.

Les bateaux se dirigent vers la ligne de départ mais l’ambiance n’est pas à une motivation régate et plusieurs annoncent prendre la direction de Pantelleria sans passer par la case départ.

Quelques minutes avant le signal J. Luc envoie la grand-voile, celle-ci résiste, il bande ses muscles et crac.. le point d’écoute explose, adieu la grand-voile.

Nous la roulons et après avoir prévenu le comité nous rejoignons ceux qui partent directement, il était dit que la régate ne serait pas notre truc.

La déchirure n’est pas extrêmement grave en soit mais elle nous impose de trouver un voilier car la réparation n’est pas à notre portée, je dirais bien à J. Luc qu’il faut réfléchir avant de tirer comme une bête sur le winch mais cela ne servirait à rien, je vois bien qu’il est désolé et qu’il a dû se le dire lui même.

Il n’est pas possible de faire la traversée de retour sans la faire réparer car une panne du moteur serait catastrophique, nous laissant sans moyen de propulsion même s’il reste encore le génois.

Nous n’avons toujours pas d’équipier pour le retour et l’absence de grand-voile complique encore les choses, après tout Lucette et son mari ne sont que deux sur leur bateau, cette navigation en couple ne semble pas hors de notre portée.

Peut être il y a-t-il un voilier à Pantelleria, de toute façon il est moins le quart et un coup de rosé ne nous fera pas de mal.

La nuit s’écoule sans problème et nous nous amarrons dans le courant de la matinée à proximité des pêcheurs.

Le port est plus profond qu’à Trapani mais les pendilles manquent à l’appel, nous bricolons un amarrage avec nos voisins.

Nous finissons par dénicher un bout relié à une chaîne mère ou un corps mort mais situé à une distance du ponton presque égale à la longueur du bateau, il descend verticalement et n’offrirait qu’une faible résistance à un vent fort venant de l’avant, il faudra s’en contenter.

Pantelleria, vendredi 11 août 2000.

Il n’y a ni douches ni wc. et l’eau manque aux robinets. Heureusement une citerne sera amenée un peu plus tard et raccordée au réseau des pontons.

L’île est d’origine volcanique et l’eau y est une denrée vraiment précieuse, nous ne laverons pas le bateau, seul le corps de nos équipières sera récuré.

Le port donne une impression bizarre, tout autour il y a des pans de murs et des blocs de béton éclatés, « on se croirait au Kosovo » fut notre première réflexion.

Nous n’arrivons pas à déterminer si c’est des ruines de la dernière guerre ou une démolition avant reconstruction, probablement les deux sera notre conclusion.

Un engin à chenilles finit de rouiller, bulldozer, support de grue, reste de char, difficile à dire, nous le baptisons .

La ville est très animée par des touristes, italiens pour la plupart, les terrasses qui bordent le port sont pleines de consommateurs portable à l’oreille, la volubilité compense les gestes accomplis de la seule main libre.

Dans le port encombré de rochers et de morceaux de digue il y a des canots de bois vernis au franc bord de couleur vive, le bout-dehors et la gigantesque bôme en double presque la longueur.

Nous les avons aperçus au loin sous voiles, ce sont les cousins italiens des 18 pieds australiens surtoilés.

Les cales de Matapan renferment le cadeau d’anniversaire de Brigitte : Un superbe barbecue fonctionnant au gaz, tout inox, dans son emballage d’origine.

Des réflexions comme « ça serait bien des côtelettes grillées », « vous n’aimeriez pas des sardines grillées », nous interdisent de remettre à plus tard l’installation de l’engin, l’équipe technique se plonge dans la notice de montage qui ne doit paraître claire qu’à celui qui l’a écrite.

Au bout d’une heure le puzzle s’emboîte, nous le présentons sur le balcon arrière ou il doit trôner.

Au moment de l’achat j’avais précisé au vendeur que le balcon avait un diamètre de 30mm alors qu’il est couramment de 25mm, pas de problème m’assura-t-il, il se fixe sur les deux diamètres.

Hélas vendeur menteur ton barbecue ne peut se fixer sur du tube de 30mm.

Qu’allons-nous devenir ? Les sardines nous observent d’un œil torve, c’est sûr elles ne passeront pas la nuit, l’équipage féminin commence à douter de nous, je vois dans leur regard que nous ne semblons pas mettre beaucoup d’ardeur à régler cette peccadille.

Alléluia !! Nous avons un balcon latéral en tube de 25mm, l’emplacement est même plus pratique pour cuisiner. Ouf ! Sauvés, le vin blanc de Pantelleria arrosera les sardines cuites à point.

Ce vin blanc parfumé est légèrement perlant, les filles l’avaient découvert dans une boutique établie dans une petite rue en retrait du port. J. Luc et moi y étions retournés avec notre caddy et nous en avions commandé 24 bouteilles.

Au moment de payer j’ai demandé au propriétaire un petit geste commercial surtout qu’avec les 6 bouteilles du matin nous devenions des clients sérieux, qu’il rajoute une ou deux bouteilles nous aurait suffit. Il me regarda d’un œil furieux et tourna les talons en nous plantant là.

Il ne restait qu’à repartir avec notre caddy vide, je regretterais toujours le vin de Pantelleria que nous ne boirons pas, nous sommes dans un pays méditerranéen et la discussion des prix est paraît-il une coutume tout à fait naturelle, que fallait-il faire ?

Pantelleria, samedi 12 août 2000.

Il n’y a pas de voilier à Pantelleria, on me dit que Valentino (voir liste des gens dévoués) m’en indiquera un à Trapani, je pourrais le rencontrer à la réception de ce soir.

Il faut retendre la courroie de l’alternateur pour être sûrs de ne pas avoir de soucis avec les accumulateurs, le meccano du Chevreuil nous prêtera un tube pour faire levier et la régler correctement.

Ce soir fête de clôture de la Route du jasmin, elle doit avoir lieu dans une propriété privée au bord de la piscine, on nous recommande d’être bien propres sur nous, le look baroudeur des mers ne sera pas de mise ce soir.

Des bus nous emmènent sur les hauteurs de l’île, la nuit tombe nous empêchant d’admirer le paysage. Nous sommes englués dans une kyrielle de voitures.

Il s’agit des invités locaux, il semble que cette soirée soit le point culminant de la vie mondaine de Pantelleria.

Tout le monde descend et nous empruntons dans la nuit maintenant tombée, un chemin qui grimpe dans les collines, il est entrecoupé d’escaliers taillés dans la roche.

La procession s’étire, nous piétinons par instants, des éclairages placés sur le coté balisent le parcours, c’est très joli, mais posés sur le sol ils éblouissent et ne facilitent pas toujours la progression.

Celle-ci se termine dans un cirque naturel ou est installé un théâtre en plein air, les marches ou sièges selon que l’on est debout ou assis sont recouverts de tapis, leur largeur est suffisante pour s’y allonger. Aurions nous droit à une orgie romaine avec danses d’esclaves ?

L’écran placé derrière l’estrade nous ramène au 20ème siècle, il n’aura pas d’utilité ce soir mais cet endroit sert de salle de cinéma aux habitants de Pantelleria.

Notre hôte, architecte paraît-il, nous souhaite la bienvenue, il nous annonce (ce que je saurais être par la suite une plaisanterie) que le dîner a été commandé pour 400 invités et que nous sommes 700.

C’est un humoriste que le spectacle des lions dans l’arène ou celui de la populace affamée se battant pour un quignon de pain doit ravir.

J’ai l’impression que certains glissent sur leur siège pour se rapprocher de la sortie afin d’arriver tout à l’heure les premiers sur le buffet.

En attendant, discours, applaudissements, remerciements, applaudissements, coupes, applaudissements……

Fort moment d’émotion lorsque Jo Mineti évoque la fille de Cricri, elle avait participé à plusieurs Routes du jasmin. Un cancer l’a emportée il y a quelques mois, elle avait 18 ans.

Chaque bateau reçoit plusieurs souvenirs pour son équipage, je suis gratifié d’un superbe poster 30x40 de Matapan pris au départ de Toulon.

J’en suis ravi, il est maintenant accroché dans la montée d’escalier menant à notre salle de séjour, chaque fois que je passe devant lui, je l’admire et une bouffée de souvenirs me rend heureux.

Bien entendu, énorme cohue autour des buffets, nous la laissons passer, nous mangeons fort convenablement les quantités ayant été prévues pour le bon nombre d’invités.

La propriété est constituée de plusieurs maisons espacées de quelque dizaine de mètres, les portes sont grandes ouvertes, nous avons accès à toutes les pièces, nous ne nous privons pas d’une visite.

L’ameublement est réduit au minimum mais magnifique dans sa simplicité. Les couleurs pastel sont dans les tons chauds de la Méditerranée.

Je reste en extase devant un lit à baldaquin installé dans la cour… Au loin la mer brille doucement sous la lune.

Je fais plusieurs fois le tour des invités pour trouver Valentino, je ne connais pas son visage, le faible éclairage ne me permet pas de le trouver.

Je n’ai aucune photo, le flash m’a laissé tomber, c’est le seul regret de cette fabuleuse soirée.

Posté le : 05/04/2009 22:21
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Jasmin 2000
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ROUTE DU JASMIN 2000
Aller : TOULON - LA CALETTA - TRAPANI - PANTELLERIA
Retour : BIZERTE - LA CALETTA - TAVOLARA - BONIFACIO
AJACCIO - LA GIROLATA - PORQUEROLLES - TOULON
Du 31 Juillet au 22 Août 2000


Carnet de route d’un apprenti marin embarqué volontairement sur un voilier
de 30 pieds “Océanis 321”du nom de MENTALO pour faire la ROUTE DU JASMIN 2000.

Capitaine : Jean Pierre Bruno - Matelot :Jeannette Bruno - Mousse : René Vernet

Jasmin : plante dicotylédone ornementale à fleurs odorantes , symbole de Bizerte .

Dimanche 30 Juillet 2000 :
C’est la dixième année que cette croisière-régate est organisée ; à l’origine , l’arrivée se situait à Bizerte , d’où son nom “Route du Jasmin “ . Tant que le nombre de concurrents restait au dessous de la cinquantaine , le port pouvait les accueillir tous . Cette année , l’arrivée se fait en Italie , sur une île située entre la Sicile et la Tunisie : Pantelleria .Il faut dire qu’il y a 74 équipages inscrits et que l’organisation devient de plus en plus difficile.
Pour nous , nous voguerons en catégorie “croisière” , pour d’autres c’est la catégorie “régate” ; dans cette dernière catégorie , il est interdit d’utiliser le moteur jusqu’à l’arrivée à Pantelleria , afin de pouvoir entrer dans le classement final .
Il fallait bien que cela commence par une réception officielle , pour mettre dans l’ambiance de la Route du Jasmin , les équipages des 74 bateaux inscrits et les familles restant à terre .
Nous voilà donc réunis sur le pont du bateau musée Dives , un ancien BDC amarré prés de la tour Royale au Mourillon . Il est 20h30 , le soleil se couche sur la rade et par chance le mistral qui soufflait très fort la veille nous laisse envisager une soirée très agréable . Après le cocktail , les discours furent fournis , les recommandations de sécurité nombreuses ; l’organisateur Jo Minniti insistât beaucoup sur les quarts de nuit et sur l’utilisation systématique de la ligne de vie ; le repas fut agrémenté de musique , sans oublier les danseuses brésiliennes de l’orchestre .Tout cela présageait une bonne ambiance pour les trois semaines suivantes .

Lundi 31 Juillet 2000 :
Le rendez-vous est fixé à 9h30 sur le port de Toulon , au “Café de la Rade” . Sur le quai , de nombreux bateaux arborent le pavillon de la croisière , c’est très beau .
Claude , Cyril et Joanna nous accompagnent . Mentalo est fin prêt à son ponton d’amarrage de la Société des Régates ; le matériel et les affaires personnelles embarqués , les équipements vérifiés , les pleins d’eau et de gas-oil faits ; les provisions sont calées un peu partout dans les coffres , y compris quelques bonnes bouteilles , cela va de soi ; le réfrigérateur est rempli de vivres frais ; sur les cagnards que Claude a cousus à la machine nous avons collé les logos des sponsors et le pavillon ”Route du Jasmin” flotte dans le patara .
Au cours du briefing , on nous donne la météo du jour , les prévisions pour notre traversée jusqu’en Sardaigne , de nombreuses consignes de sécurité , et tous les détails de la régate qui doit se dérouler dans la rade des Vignettes avant le départ pour le grand large ; à 10h30 nous rejoignons la Société des Régates pour l’appareillage ; après les derniers “Au revoir “, nous prenons la mer ; dans la rade un vent de Sud Est 15 nœuds fait partir la régate entre le Fort St Louis et le fort du Cap Brun de fort belle manière pour les 74 bateaux . Vers 13h30 , après avoir tourné la dernière bouée nous prenons le large cap au 124 ; le vent est pratiquement de face ; les régatiers plongent vers le Sud en tirant des bords ; nous nous aidons du moteur pour passer Porquerolles ; puis un bon vent nous entraîne dans le cap souhaité ; le vent tombe en fin d’après-midi ; nous remettons le moteur pour tenter de réparer des amorces de déchirures dans le génois qui sont apparues à la suite de la régate ; en effet les voiles ne sont pas de toute première jeunesse ; un premier doute m’envahit : à part un spi , nous n’avons pas de voiles de rechange ; on essaie d’affaler le génois , sans succès ; on n’a tout de même pas embarqué à bord d’animal aux grandes oreilles ; on finit par y parvenir et on entreprend des réparations avec des toiles autocollantes qui s’avéreront efficaces puisque cela tiendra jusqu’à notre retour à Toulon .
A l’approche de la nuit , la VHF des thoniers de Sète partis de Toulon , signalent la position de leurs filets flottants qui peuvent être dangereux pour des voiliers, à cause des quilles .C’est surtout les régatiers partis dans le Sud qui doivent se dérouter pour éviter des accidents .
Quart de nuit : 20h à 0h René - 0h à 4h30 Jean Pierre - 4h30 à 7h Jeannette .Plus beaucoup de vent ; le moteur tourne toute la nuit ; c’est “la pétole” comme dit Jean-Pierre . Pour dormir je mets des bouchons d’oreilles , ce qui me permet de trouver le sommeil plus rapidement .

Mardi 1er Août 2000 :
La journée commence par un vent presque nul , le moteur nous aide à avancer ; cela fait du bruit , mais c’est nécessaire ; en effet les bateaux régatiers sont des bateaux rapides , peu confortables où l’équipage doit être suffisamment nombreux pour manœuvrer très souvent , de manière à profiter du moindre vent .
L’Océanis 321 est un confortable bateau de croisière , peu rapide ; nous avons un impératif , c’est de rentrer dans les temps donnés par le comité d’organisation de la Route du Jasmin .
La sécurité est un souci permanent des organisateurs , aussi le matin à 9h et le soir à 20h , nous devons rentrer en liaison radio VHF avec le comité qui est embarqué sur le ”Chevreuil” , bateau de la Marine Nationale ; c’est un bateau polyvalent de 28m de long , qui nous servira de soutient logistique jusqu’à Pantelleria ; cette vacation radio permet de connaître la position géographique de tous les participants , de signaler les problèmes particuliers ; un incident ou un accident étant toujours possible . Les liaisons VHF entre bateaux sont aussi fréquentes ; ce qui permet de rompre l’isolement que l’on peut ressentir quand les terres ne sont plus visibles et que la dispersion des bateaux sur l’immensité de la mer nous donne l’impression d’être seul au monde .
La navigation est facilitée par des instruments comme le GPS , qui donne en permanence les coordonnées en “ longitude et latitude “ et que l’on reporte une fois par heure sur les cartes de na vigation ; ceci permet de visualiser la route réellement suivie ; le pilote automatique est aussi d’une aide précieuse ; quand le vent est stable , que les vagues ne sont pas trop fortes , on peut l’enclencher et celui-ci permet de maintenir un cap constant ; et pendant ce temps là , on peut s’occuper d’autre chose , par exemple , mettre des cannes de traîne à l’eau , en espérant pêcher une belle prise .
C’est ce que l’on fait ; après quelques touches légères , un gros poisson s’accroche , la bobine se vide , le fil casse et on perd un rapala ( leurre muni d’hameçons ) . Enfin un thon d’une quinzaine de kilos s’accroche ; j’attrape la canne et je commence à le remonter ; arrivé près du tableau arrière, j’essaie de le remonter sur le bateau sans salabre et sans crochet ; l’hameçon casse et voilà nos espoirs de manger du thon frais qui s’évanouissent dans les profondeur de la méditerranée .
Nous nous consolons en regardant les passages de souffleurs et de dauphins ; toute la journée nous suivons la silhouette de la Corse , claire le matin à contre jour , brumeuse pendant la journée puis l’énorme masse rocheuse se rapproche de nous le soir ; les senteurs du maquis parviennent jusqu’à nous .
Dans l’après midi , le vent passe au Nord ; nous lançons le spi vers 15h30 , et nous naviguons avec une grosse bulle blanche qui nous tire vers les Bouches de Bonifacio .
Deux dauphins viennent faire un bout de route avec nous , pour saluer le soleil qui s’approche de l’horizon ; 18h30 , on rentre le spi ; Jeannette nous prépare le repas ; c’est toujours un bon moment de la journée “quand la mer est sage” et que l’on n’est pas obligé de prendre l’air du large en pleine figure , les yeux fixés sur la ligne bleue des vagues pour garder son estomac plein .
Mais là tout va bien et pourtant une autre angoisse monte ; nous nous préparons à passer les Bouches de Bonifacio de nuit .
Cartes marines , compas à pointes sèches , crayon , règle Cras , Jean Pierre calcule les routes , consulte le répertoire des phares et des balises . Jusqu’à présent la route était rectiligne des Iles D’Or à l’îlot des Moines au Sud-Ouest de la Corse que nous atteignons vers 00h00 .

Mercredi 2 Août 2000 :
Avec J-P nous avons décidé de naviguer toute la nuit à deux ; Jeannette est partie se reposer .
Maintenant nous pointons de plus en plus fréquemment les coordonnées du GPS sur la carte ; il faut faire correspondre l’importante quantité de feux et de phares que l’on voit sur le fond noir de la nuit avec les informations que nous donnent les cartes et les livres des feux ; ceux-ci sont différenciés par les différentes formes de lumière produite (couleur , fixe ou tournant , à éclat ou scintillant, omnidirectionnel ou sectoriel et son codage ) .
Il est très difficile d’évaluer la distance d’un feu la nuit et ce n’est qu’en se rapprochant que l’on comprend la disposition géographique des côtes et des écueils balisés .
Le cap Feno est passé à 1h30 , le sémaphore et le phare de Pertusato à 2h30 ; on contourne l’ écueil des Lavezzi à 3h00 ; les îles au Nord de la Sardaigne (Maddalena , Caprera etc ...) sont passées entre 3h30 et 4h30 .Vers 5h00 je vais dormir un peu , Jean-Pierre veille , le moteur tourne .
Un bruit de winch me réveille , il est 7h00 ; le vent de Sud s’est levé et J-P a sorti les voiles et nous avançons en silence ; ouf ! plus de moteur . Petit déjeuner avec le lever de soleil sur la Sardaigne ;
J-P¨va se coucher pour récupérer , il en a bien besoin . Nous longeons la côte Est de la Sardaigne,
cap au Sud ; le paysage est grandiose d’énormes masses de rocher plongent dans la mer , en particulier l’île Tavolara est très impressionnante . Puis apparaissent les plages et les criques bordées de pins
parasols ; les villages de touristes sont implantés un peu en hauteur ; il y a manifestement beaucoup de tourisme ; l’urbanisation est bien intégrée dans le paysage ; par contre les sommets sont très dénudés .
Enfin , nous distinguons le petit port de La Caletta au fond d’une baie ; il est 15h30 et nous accostons après 52h de navigation .
L’arrivée soudaine de nombreux concurrents provoque quelques problèmes d’alimentation en eau
et en électricité des pontons flottants ; tout le monde veut se laver , nettoyer son bateau , alimenter son réfrigérateur car il fait chaud et le pastis est quand même meilleur avec de l’eau fraîche .
Toute la soirée , la nuit et le lendemain matin des voiliers rentrent au port ; c’est surtout les régatiers
qui n’ont utilisé que l’énergie éolienne . Le comité en liaison avec le “Circolo Nautico La Caletta “ se démènent pour faciliter les accostages en fonction du tirant d’eau et de la longueur des bateaux .
Nous nous rendons au village voisin “Siniscola” pour changer des Francs en Lires ; dans la cagnotte commune ( qui une fois de plus m’est attribuée ) j’ai l’impression d’être riche avec des billets pleins de zéros ; achat de fruits ; je téléphone à Claude , ce qui ne c‘est pas fait sans mal car il a fallu comprendre comment utiliser les cartes téléphoniques : il fallait casser un coin avant l’introduction dans le taxiphone .
On profite de la fin de journée pour faire connaissance avec d’autres équipages ; la soirée sera calme , on est tous fatigués et on se ménage pour les festivités futures . Repas au carré ; le chemin de la cabine sera vite trouvé , la nuit sera parfaite .

Jeudi 3 Août 2000 :
8h00 , le calme règne sur le port ; pas de vent , le soleil commence a nous caresser ; des têtes sortent des cockpits ; on se fait des petits signes de la main pour se saluer ; on déjeune tout en prévoyant le programme des prochaines heures .
Nous quittons notre poste d’amarrage pour aller faire du gas-oil ; il faut être très patient , car en plus des heures d’ouverture de la station portuaire , le responsable prend son temps , va faire ses courses , et revient tranquillement sur sa pétrolette ; il faut savoir apprécier cette ambiance méditerranéenne .
On décide d’aller se baigner dans la baie avec son fond de sable blanc ; on profite de ces moments où tout est beau , le ciel , la mer , la plage , le bateau , les copains , “l’aventure “ .
Pendant que J-P continue à gratter les mousses qui se forment sur la coque , il est gêné par un “bout de cordage” qui flotte à la surface de l’eau : moment d’angoisse , c’est en fait un serpent qui , perdu en mer essaie de grimper sur tout ce qui se trouve à la surface de l’eau .
La brise se lève , nous rentrons au port . Nous prenons l’apéritif sur Mentalo avec Georges et Simone qui naviguent sur Delf ; ce sont des navigateurs de longue date , expérimentés ,que l’on a plaisir à
écouter ; on parle de notre future escale , la Sicile ; Simone est intarissable sur les sites archéologiques .
Après un agréable repas préparé par Jeannette une petite sieste ne se refuse pas .
L’après midi est consacrée à la visite du village voisin de La Posada ; nous nous y rendons avec un car de ramassage scolaire : les gros et les grands sont obligés de rester debout vu la dimension des siéges ; le village , bâti sur un piton rocheux , avec ses rues caladées, me fait penser au Revest ; au sommet , nous visitons le château “Castella della Fava” avec sa tour carrée : vue magnifique sur les toits du village , les montagnes , la plaine, la lagune et la mer .
C’est aussi l’occasion de faire connaissance avec les équipages d’autres bateaux comme Magali , Thierry et leurs enfants Thomas , Clémence , Emilie qui naviguent sur Gandalf ; ils sont Revestois ; une sympathie mutuelle s’instaure .
Il est 19h00 et la journée ne fait que commencer ; en effet , la Marine Nationale offre un cocktail sur la plage arrière du Chevreuil ; les robes longues et les uniformes côtoient les shorts et les tee-shirts ; il y a beaucoup d’invités , environ 300 personnes ; il y a autant de monde sur le quai qu’à bord du bateau ; tout cela est fort sympathique .
A 20h00 nous avons rendez-vous à l’hôtel Villa Pozzi pour une réception offerte par les municipalités de Siniscola et de La Calatta ; on organise une table avec les “Delf”, les ”Maluguy” et les ”Mentalo” ; la dégustation de produits Sardes telles que olives , saucissons , jambons crus , pains en forme de galettes fines , fromages secs , oranges confites , gâteaux , vins blancs et rouges nous étonnent par leur qualité .
Quelques chanteurs et danseurs Sardes viennent nous donner un avant goût de leur talent avant leur production en public sur les estrades installées sur le port ; deux groupes avec leurs costumes folkloriques alternent leurs danses envoûtantes ; accompagnés simplement d’un accordéon , le haut du corps reste immobile et les jambes sont animées de mouvements très rapides ; les habitants du village se mettent tout naturellement à danser avec eux , ce qui prouve que , dans ces petits villages , le tourisme n’a pas encore détruit leurs racines .
A minuit , je rejoins ma couchette sur Mentalo ; la nuit est tiède , nous dormons tous hublots et portes ouvertes .

Vendredi 4 Août 2000 :
Les premiers rayons de soleil sur le port nous réveillent ; nous déjeunons et nous nous préparons , car aujourd’hui , fini les festivités , place à la navigation : la “Régate de la Myrte “est organisée devant La Caletta ; tous les bateaux y participent .
Nous avons rendez-vous à 9h30 au “Circolo Nautico” pour le briefing ; Yves, l’organisateur des régates essaie vainement de faire correspondre la météo marine sarde avec la météo observée sur place; le ciel un peu nuageux et les vents qui tournent sans arrêt , ne facilitent pas le positionnement des bouées de la ligne de départ ; leur emplacement est fondamental pour que la sécurité des équipages soit assurée .
La sécurité, toujours la sécurité : Yves essaie de calmer les ardeurs des “fous” de voiles et les éternels râleurs qui se croient à la sélection pour les jeux olympiques . A 10h30 , nous appareillons .
Enfin les vents se stabilisent , tous les bateaux continuent à faire des ronds dans l’eau ; les Zodiacs vont mouiller les grosses bouées jaunes ; les 75 concurrents se positionnent pour pouvoir franchir la ligne de départ dans les meilleures conditions ; 11h00 , dernier signal , la meute se concentre à un tel point que les frictions , chocs et abordages ne sont pas impossibles : tout le monde à la fois , réclame son bon droit et crie à qui mieux-mieux : De l’eau ! , Attention ! , Priorité !
Les gentilshommes de la mer se transforment en farouches concurrents ; si l’on n’est pas un régatier très aguerri, il vaut mieux ne pas aller voir çà de trop près ; J-P qui dirige la manœuvre nous fait prendre un bon départ ; nous lançons le spi , comme tous les autres , juste après la ligne de départ ; le vent arrière pousse toutes ces grosses bulles multicolores vers la première bouée, c’est magnifique .
Arrivés à celle-ci , nous rentrons le spi et choisissons une route trop au Sud , en longeant la côte , ce qui nous fait perdre beaucoup de temps .
On tourne la 2e bouée puis à la 3e ; nous relançons le spi mais un mauvais placement du tangon par rapport au bas-étai , nous occasionne une avarie ; au moment de border le spi , le tangon se pli sur le câble d’étai ; en effet , il faut bien visualiser , en préparant une manœuvre, de quel côté on va lancer le spi et positionner le tangon de ce même coté ; nous perdons beaucoup de temps à rentrer le spi , le tangon , à renvoyer le génois et à relancer la machine .
Nous arrivons vers 16 heures au port dans les derniers .
Mais la journée n’est pas finie , le “Circolo Nautico La Caletta” nous a préparé un repas tout aussi extraordinaire que la veille : les salades de pâtes , les moules en sauce , les saucissons , les pastèques , les fromages , les fruits , les vins rouges ou rosés et la “Myrto di Sardaigno” nous consolent de notre mésaventure .
Et nous voici , J.P. et moi , à la recherche d’une solution pour réparer notre tangon ; le Chevreuil n’étant pas capable de nous dépanner , une vague adresse, donnée par un responsable du port , nous envoie sous le soleil , tangon sur l’épaule , tout en haut du village . L’artisan qui est de repos , ne semble pas vouloir s’occuper de nous , surtout que sa femme de son balcon vocifère et n’apprécie pas notre venue .
Regardant le travail à exécuter , il finit par rentrer dans son atelier et entreprendre de tronçonner le tangon pour supprimer la partie pliée ; il trouve rapidement de quoi faire un manchonnage interne et nous confie la fin du travail : le perçage et placement des rivets , ce qui ne nous pose pas de problème . Un prix raisonnable et une cigarette fumée en cachette de sa femme concluent l’affaire pour la satisfaction de tous.
Après une douche bien méritée , nous avons rendez-vous à 20heures dans les jardins de l’hôtel Villa Pozzi pour la remise des prix des régates de la rade de Toulon et de La Caletta ; la régate Toulon-La Caletta ne peut pas être prise en compte car la plupart des concurrents ont utilisé leur moteur et les autres ne sont pas arrivés dans les délais impartis par manque de vent .
Il y eu beaucoup de discours des responsables politiques de la région , du village , du président du cercle nautique , de nos responsables de la Route du Jasmin , du commandant du Chevreuil avec échange multiple de cadeaux .
Cette soirée conclue notre escale en Sardaigne à la Caletta où l’on a été formidablement bien accueilli et que l’on va quitter à regrets.

Samedi 5 Août 2000
Ce matin un vent du Nord s’est établit ; il va nous pousser vers la Sicile .
Pour le moment , il faut faire les derniers préparatifs : le plein d’eau , quelques courses de vivre frais (légumes et fruits ) , du pain et des produits locaux ; je téléphone à Claude pour l’informer de notre départ éminent , j’entends les voix de Cyril et Joanna en fond sonore .
J.P. programme son GPS en rentrant les coordonnées de notre prochaine escale : Trapani ; il est 11 heures , nous nous rendons au briefing ; la météo prévoit un vent de Nord-Ouest 15 à 20 nœuds , mer peu agitée à agitée ; le départ est fixé à 15h30 .
Le vent arrière nous fait assister à un démarrage moins spectaculaire que la veille ; quelques spis sont lancés avec un vent assez fort ; dans une certaine précipitation nous tentons de faire de même ; avant que nous ayons pu faire le réglage , un changement de cap fait coucher fortement le bateau ; la bonne manœuvre aurait été de choquer rapidement l’écoute de spi qui était déjà placée sur le winch , ce qui aurait redressé immédiatement le bateau ; malheureusement notre inexpérience ne nous a pas permis de faire cette manœuvre rapidement ; nous y parvenons enfin mais en larguons aussi le bras de spi, le bateau se redresse et nous voyons notre spi flotter sur le devant du bateau ; un peu choqués , nous ramassons le spi trempé d’eau de mer et nous continuons la navigation avec le génois .
Une autre mauvaise nouvelle nous attend , je descends pour voir s’il n’y a pas de dégâts dans les cabines et je constate qu’il y a de l’eau qui a pénétré par les hublots bâbords qui sont restés ouverts : toute ma literie est trempée et le fond du bateau est plein d’eau ; il faut pomper (pompe de cale électrique et pompe à main ) et tout essuyer , sortir les draps , oreillers, matelas pour tout faire sécher ; heureusement le soleil et le vent s’en chargeront rapidement et j’ai pu retrouver une couchette sèche pour la nuit .
Je regarde enfin les côtes de la Sardaigne , les plages , les pins parasols et les montagnes en repensant à notre mésaventure qui se termine sans mal de mer malgré une mer un peu agitée .
Le vent force et la mer devient houleuse ; le réglage des voiles est difficile à trouver ; on navigue au grand largue , sans pilote automatique , avec des vagues qui nous font partir en surf à 6 ou 7 nœuds .
J.P. toujours aussi actif , prépare des pâtes à la bolognaise , je suis à la barre ; chacun à son tour, on avale à la hâte un bol de pâtes à l’extérieur car dans le carré tous les hublots sont fermés et il y fait trop chaud .

Dimanche 6 Août 2000
La nuit arrive , Jeannette part se reposer ; munis de nos vestes de quart et des harnais de sécurité nous veillons à la bonne marche du bateau , l’un à la barre l’autre allongé regardant le ciel rempli d’étoiles .Au petit matin , le vent se calme puis finit par tomber complètement ; J.P. met le moteur et le pilote automatique ; je descends dans ma cabine pour dormir un peu mais le bruit m’empêche de trouver le sommeil ; je suis un peu fatigué, j’avale un café et une nouvelle journée de navigation commence ; souvent cela commence par une douche prise dans la salle de bain à l’eau chaude , mais bien plus souvent à l’arrière du bateau avec la douchette à l’eau froide ; la partie délicate , c’est le savon ; il s’agit de le garder sur le bateau , car il a une fâcheuse tendance à vouloir aller nager avec les poissons .
J.P. va dormir , je prends la barre , Jeannette fait cuire des haricots verts pour midi .
A 11h30 nous déjeunons : pastis , tomates , haricots , thon , fromage , vin de la Castille , fruits , café et une petite myrte de Sardaigne : la vie est belle .
Il est 12h et nous recevons la visite du Chevreuil ; les J.O. de la route du jardin nous filment .
J.P. abaisse le pavillon tricolore deux fois et le commandant du bateau nous répond par le même
signal ; J.P. est tout fier d’avoir été salué par un bateau de la “Royale” .
L’après midi la mer redevient houleuse ; nous avons une deuxième nuit à passer en mer ; le premier quart de 20 à 24 est assuré par Jeannette , le deuxième de 0 à 4 par moi et le dernier de 4 à 8 par J.P.
Pendant les quarts de nuits , on doit être bien organisé ; il faut être bien au chaud dans ses vêtements (veste de quart ou combinaison étanche ) ; pour la sécurité , il ne faut jamais se défaire de sa ligne de vie qui est fixée au harnais et que l’on accroche par un mousqueton sur le bateau ; une torche puissante doit être à portée de main pour surveiller la voilure dans la nuit ; le compte- minutes , remonté tous les quart d’heure permet de ne pas s’endormir ; toutes les heures il faut descendre à la table à cartes pour faire le point au GPS et le reporter sur la carte marine .


Lundi 7 Août 2000 :
Il est 5h ; je suis réveillé et je monte dans le cockpit pour voir notre arrivée sur la Sicile ; le ciel est voilé et la mer un peu agitée ; nous entrons dans le port de Trapani pour aller s’amarrer à la “Lega Navale Italiana” ; les infrastructures sont bonnes ; d’un côté l’ancien lazaret majestueux , de l’autre le port de pêche et les bateaux rapides assurant le trafic passager vers les îles Levanzo , Favignana et Marettimo .
Nous partons faire une visite de la ville ; les rues étroites avec des maisons à petits balcons sont vieilles et peu entretenues ; des rues marchandes qui grouillent de monde donnent une agréable impression de vie pauvre mais joyeuse . Je téléphone à Claude , je tombe sur le répondeur , je rappellerai plus tard . Nous arrivons au marché aux poissons ; c’est une place demi-circulaire entourée d’arcades ; les revendeurs rangent méticuleusement leurs poissons dans des petits casiers ; les étals sont colorés et brillent au soleil ; il y a beaucoup de monde , du bruit et des odeurs .
Nous achetons de l’espadon séché , du fromage , de la charcuterie chez un marchand où les senteurs de tous ces produits se mélangent ; les poissons et poulpes séchés sont accrochés aux grands parasols qui nous protègent du soleil ; je n’ai pas envie de quitter cette ambiance sicilienne mais il faut bien retourner vers la Lega Navale pour préparer le repas de midi .
En effet J.P. et Jeannette ont invité à bord du Mentalo Mariane et Luc , Simone et Georges , Christine et Yves ; à l’abri du soleil sous le taud que l’on a installé au dessus du cockpit , on est un peu à l’étroit et une chaude ambiance y règne ; Pouilly-Fuissé , espadon séché , thon en daube , vin d’alsace , rien ne manque pas même la myrte locale ; tout cela se terminera par une petite sieste .
Vers 17h30 , un des bateaux de la Route du Jasmin ayant une avarie de démarrage de moteur vient chercher J.P. ; je le rejoins et nous voici le “Metrix” à la main ; nous localisons enfin la panne ; le moteur finit par démarrer mais une réparation définitive s’imposera au retour .
A 20h nous rentrons au bateau , nous dînons ; beaucoup d’équipages partent manger en ville ou se reçoivent mutuellement à bord .
La nuit tombe , un orchestre installé à terre près des pontons nous bercera une partie de la soirée ; nous avons sommeil et nous nous endormons rapidement .

Mardi 8 Août 2000 :
Bonne nuit pour tous ; 7h30 , petit déjeuner , thé , café , tartines grillées ; douche dehors aux premiers rayons du soleil . Puis Jeannette met de l’ordre dans son bateau et le bichonne un peu .
Nous devons faire le plein de gas-oil , mais la station se trouve au port de commerce ; J.P. se fait prêter une annexe pour pouvoir remplir nos jerricanes ; à notre retour , nous entreprenons le rinçage du spi qui avait traîné dans l’eau de mer lors de la traversée de Sardaigne en Sicile ; nous le remontons progressivement avec la drisse de spi en prenant la précaution de le saisir tous les trois mètres pour éviter qu’il ne se gonfle avec la brise .
Je profite du temps libre pour faire une lessive sur le ponton ; J.P.invite pour l’apéritif un couple de copains qui naviguent aussi sur un Océanis 321 ; il nous apportent une tranche de thon qu’ils ont réussi à pêcher ; ce sera notre repas de midi .
Mais il ne faut pas traîner , à 13h00 , un car nous attend pour une visite aux salines de Trapani ; d’abord une visite au musée du sel où une dégustation était servie ; il est dommage qu’un certain nombre d’équipages , n’ayant pas déjeuné avant , aient confondu « buffet froid » et « dégustation » ; certes , il y avait des restes mais cela jeta un “froid “ ; avec la chaleur torride qu’il faisait à l’extérieur , le vin lui aussi disparu rapidement .
Dehors , les plus vaillants, partent voir la récolte du sel ; la réverbération sur les grandes surfaces blanches augmente la sensation de chaleur ; les hommes chargent sur un tapis roulant la couche de sel cristallisé ; sur le côté , de grands tas coniques se forment à la sortie du tapis ; tout autour de nous , on voit des moulins à vent qui servaient à remonter l’eau de mer dans les salines .
Au loin , on aperçoit perché sur une colline , notre prochaine destination : le village d’Erice (751m) ;
c’est un joli village d’aspect médiéval , chargé d’histoires de Phéniciens , de Grecs et de Romains .
Le point de vue est magnifique : à l’Ouest , Trapani et les salines ; au Nord une grande baie fermée par un gros cap rocheux .
Nous arpentons les rues caladées ; Luc nous fait la lecture du guide ; les femmes font évidemment de nombreux arrêts dans les boutiques ; dans une pâtisserie , j’achète des petits gâteaux pour ce soir ; on prend des photos , on rit , c’est la belle vie .
Puis nous reprenons les cars qui nous redescendent à Trapani .
Ce soir nous mangeons sur Delf chez Simone et Georges ; le menu a été choisi en commun : les pâtes aux sardines ; la sauce est une spécialité des conserveries de Trapani ; je ne sais pas si c’est la faim qui nous les rendit acceptables , mais il n’y a pas eu de révolte dans l’équipage ; arrivée inopinée de Jo Minniti ( organisateur de la régate ), que l’on a aussitôt invité à partager notre repas ; s’attendant sans doute à des pâtes à la bolognaise , il n’appréciât pas du tout ce mélange ; en effet dans les boites , il y avait autant d‘herbes aromatiques que de sardines ; heureusement , il y avait du vin et de la bonne humeur pour finir la soirée . Nous rentrons sur Mentalo pour y passer une agréable nuit .

Mercredi 9 Août 2000 :
Le lever a été programmé à 6h30 ; car aujourd’hui nous délaissons la régate des Egades qui était programmée par le comité , pour faire une visite de sites archéologiques .
Simone et Georges avaient prévu la location d’un véhicule de six places avec les responsables du club nautique ; à 8h00 nous étions prêts, appareils photographiques , lunettes , casquettes tout y était ; il fallut deux heures pour obtenir notre véhicule : discussion , palabres , coups de téléphone , fax , photocopie , signature de contrat de location ; Simone et Georges ont failli renoncer ; enfin , à 10h00 notre monospace arrive , nous sautons dedans et nous partons au plus vite en direction du Sud ; nous passons à Marsala ; le paysage est aride surtout sur les sommets , les plaines sont couvertes de vignes et d’autres cultures (oliviers , melons , orangers , câpriers , néfliers ) .
Le premier site est celui de Selinunte : d’origine grecque , fondée au VIIe Siécle av JC , fut une rivale de Carthage ; une partie est un amas de colonnades écroulées , suite à un tremblement de terre .
L’autre partie , plus au Nord , est composée d’un temple dont les colonnades sont bien conservées ; ce site , sur le fond de mer Méditerranée et sous un soleil éclatant est grandiose et très impressionnant .
Pour rattraper le temps perdu , le repas de midi fut constitué d’un “pannini” ( pain brioché avec de la mozzarella , des tomates , du jambon ) que tout le monde trouvât très bon .
Nous visitons rapidement la ville de Sciacca , très typique avec ses maisons blanches bâties sur une colline surplombant le port où une flotille de bateaux de pêche traque la grosse crevette rouge ; une forte odeur de crustacés décomposés imprègne l’atmosphère des quais du port .
Des chantiers de réparation de bateaux en bois nous étonnent , on les croirait sortis d’un autre siècle.
Nous nous dirigeons maintenant vers le deuxième site archéologique : Agrigento ; la chaleur nous accable et nous nous offrons un “graniti” ( glace pilée au citron ) , c’est très rafraîchissant ; les temples , alignés sur une colline face à la ville , dominent une plaine où se situaient les habitations et théâtre antique .
On visite le temple de la Concorde ; il est très bien conservé , majestueux ; puis le temple de Junon : il reste quelques colonnades encore debout ; dans celui de Castor et Pollux , il ne subsiste que quatre colonnes supportant un coin de chapiteau qui , avec les cyprès , sont du plus bel effet ; enfin nous déambulons dans les ruines du temple d’Olympe , immense amas de pierres dans lequel a été reconstitué, allongé à terre , un Télamon ; ils étaient quatre à l’origine , placés verticalement , ils supportaient l’immense façade du temple .
Mais il est tard , il faut rentrer rapidement à Trapani par les voies rapides , en passant tout près de Palerme sans pouvoir s’arrêter : c’est rageant .
On arrive à 20h00 et la réception prévue pour ce soir s’organise ; des tables pour trois cent cinquante personnes sous les abris de toiles blanches sont installées dans les pelouses ; les nappes blanches , les couverts de réception , les fleurs , l’orchestre et sa sonorisation tout est fin prêt ; déjà des personnes en tenue de soirée commencent à s’installer. Le principal sponsor , richissime bijoutier Sicilien se montre au milieu des invités ; des logos sont distribués ; il faut les coller au plus vite sur les plats-bords .
Nous allons vite nous laver et nous changer ; une petite brise contraste avec la chaleur de la journée , un petit sweet par dessus la chemise blanche s’impose ; les copains du ” comité” nous ont réservé une table pour notre petit groupe de bons vivants .
Le repas ne fut pas à la hauteur du décorum : bon sans plus ( taboulé , pâtes sauce tomate , poissons et petits légumes , vin blanc délicieux ) ; le dessert fut surprenant : sorbets aromatisés au Jasmin ; les plus mauvaises langues y ont retrouvé une odeur de salle de bain , ce qui n’a pas manqué de nous faire rire.
La soirée se poursuit par la remise des prix de la régate “ La Caletta - Trapani” et celle d’aujourd’hui
qui s’est déroulée autour des îles Gadès .
Nous avons eu ensuite un défilé de mannequins exhibant leurs toilettes et leurs bijoux ; à minuit , l’orchestre continuait à jouer , quand nous sommes rentrés sur Mentalo pour récupérer de cette longue
journée .

Jeudi 10 Août 2000 :
Après le petit déjeuner , la toilette et une petite lessive , nous partons en ville tous ensemble vers le marché aux poissons , chercher des seiches , calmars et crevettes .
Aujourd’hui nous déjeunons chez Mariane et Luc ; chacun prépare une partie du repas , ce qui se traduit par des messages passés sur la VHF telle que : « j’ai fais revenir les seiches à l’huile d’olive , tu peux mettre les pâtes à cuire » ou « les calmars sont prêts , rendez vous dans dix minutes sur Maluguy » ; au menu : apéritif , spaghettis aux seiches , calmars à l’encre , gamberri ( gambas rouges de Sicile ) , fromages , gâteaux , champagne , myrte et café ; le tout arrosé de vins du pays .
Mais des choses sérieuses nous attendent : il faut régler nos comptes des divers dépenses faites ces jours derniers ; la cabine du bateau est transformée en tripot des bas fonds de Palerme où les billets de dix mille lires s’étalent sur la table , chacun essayant d’y retrouver son compte ; tout se termine comme d’habitude dans une franche rigolade .
Le temps passe , il est déjà 17h , il faut se préparer car le départ est fixé à 20h pour la traversée Trapani- Pantelleria ; le ‘briefing’ nous rassemble à 18h30 ; la météo prévoit une traversée calme .
Le soleil se couche , tous les bateaux allument leurs feux de navigation et tournent la bouée de dégagement ; beaucoup envoient leur spi , le spectacle est vraiment magnifique ; petit à petit , les distances entre embarcations augmentent , et tous les feux des bateaux se fondent dans la nuit et le barreur de quart se retrouve seul à surveiller la bonne marche de son voilier entre le ciel étoilé et la mer d’encre .

Vendredi 11 Août 2000 :
Le vent arrière rend la navigation désagréable avec grand voile et génois ; une autre solution aurait consisté à garder le spi toute la nuit en faisant le quart à deux .
A 7h00 on passe sous spi , le bateau navigue calmement à 4,7 nœuds ; 10h30 le spi décroche et s’enroule autour de l’étai , impossible de lui faire reprendre le vent ; il faut à l’aide du moteur faire faire deux tours complets au bateau pour dérouler la toile ; depuis quelques heures nous voyons l’île de Pantelleria ; à 11h00 nous entrons dans le port sous un soleil de plomb avec une petite brise .
Repas , sieste , installation du taud , lessive , rinçage du spi furent nos premières activités .
A 18h00 notre petit groupe habituel se reforme pour aller visiter la ville ; il nous faut d’abord traverser une zone remplie de ferrailles , de béton , de poubelles ; des travaux sont en cours pour aménager cette partie du port ; l’équipement des pannes sur lesquelles nous sommes amarrés laissent à désirer ; les disjoncteurs sautent fréquemment , il est difficile d’avoir en même temps l’éclairage des quais avec l’alimentation des bateaux ; l’eau est rare sur île , des camions citernes approvisionnent des réservoirs sur le quai ; quand ce n’est pas l’eau qui manque , c’est les pompes qui ne tournent plus ; heureusement qu’il y a toujours , parmi nous , des débrouillards en toutes techniques qui règlent les moindres problèmes .
La petite ville et son port sont très fréquentés en cette soirée ; une grande bâtisse fortifiée domine la ville ; un heureux hasard nous permet de la visiter et de voir le port d’en haut .
Nous trouvons un petit restaurant où nous terminons la soirée avec des “antipasti” et des pizzas .

Samedi 12 Août 2000 :
Le soleil se lève sur le port de Pantelleria ; petit déjeuner et toilette avant le briefing qui est fixé à 9h30 ; la régate prévue devait faire le tour de l’île , mais ce matin le vent est très faible et le comité n’arrive pas à réunir les moyens pour organiser en toute sécurité la compétition ; il suggère donc de faire un mouillage collectif dans le Nord-Est de île , à l’Éléphant de pierre : c’est une grande arche de pierre qui plonge dans la mer .
J.P. et Jeannette proposent de partir tous ensemble sur Mentalo avec les Delf et les Maluguy ;
Georges et Luc sont obligés de déplacer leurs bateaux car les pontons n’étant pas équipés de pendilles , les départs sont un peu compliqués avec le croisement des amarres .
Une navigation le long de la côte nous permet d’observer ce paysage d’origine volcanique qui fut convoité au fil des siècles par les Phéniciens , les Carthaginois , les Arabes , les Vandales , les Byzantins , les Normands , les Génois , les Espagnols et les Bourbons ; cette île n’a que 14 km de long sur 9 km de large , elle est peuplée de 8000 habitants .
Vers midi nous mouillons avec d’autres bateaux à l’Éléphant de pierre pour une baignade très attendue : ce n’est que la deuxième fois depuis le départ que nous nous baignons. Après l’apéritif nous dégustons des ‘ antipasti ‘ puis salade et fromages arrosés de ‘vino bianco’ bien frais qui finirent de nous régaler .
Après une nouvelle baignade , nous reprenons la route du port ; nous croisons une régate de petits bateaux multicolores que nous avions remarqué sur le port ; taillés pour la course , avec une quille plombée et un bout dehors très impressionnant , leur voilure surdimensionnée permet la navigation par petit temps ; c’est très joli , les amateurs de régates se régalent à les voir naviguer .
Ce soir n’est pas un soir comme tous les autres , en effet nous arrivons à la fin de la « Route du Jasmin » et une grande soirée surprise nous attend .
Tous les participants sont sur le quai , revêtus de leurs plus beaux habits , en attendant les cars qui vont nous mener vers cette destination mystérieuse ; il est 20h30 , le soir commence à tomber , le convoi s’ébranle escorté de voitures de police et s’engage dans une route dans la montagne .
Une demi heure plus tard nous rentrons dans une grande propriété appartenant à un architecte et mécène Turc : monsieur Arbanésé ; nous marchons sur un chemin éclairé de bougies et descendons dans un amphithéâtre installé dans un vallon de roches volcaniques .
Quelques cinq cents personnes s’installent sur les gradins pour assister à la cérémonie finale de cette dixième Route du Jasmin où pour la première fois , tous les participants ont franchi la ligne d’arrivée .
Après les discours et la remise des prix de la régate Trapani-Pantelleria et celle du classement final , tous les participants reçoivent des cadeaux .
Tout le monde applaudit les organisateurs et les sponsors ; on trinque , l’Astipumente se boit facilement dans cette tiède soirée d’été .
On nous invite à prendre le chemin de la terrasse de la villa où sera servi le buffet ; tout est féerique : dans une demi obscurité apparaît la longue piscine bleutée , les palmiers , les multiples toits ronds mêlés de terrasses que forme l’architecture de cette villa , le tout surmonté du drapeau rouge au croissant d’argent et dans le lointain, la mer .
Un gigantesque buffet nous est offert ; toutes les spécialités méditerranéennes , des entrées jusqu’au dessert sont succulentes ; les vins blancs secs ou doux sont excellents .
La maison est entièrement ouverte à la visite ; l’agencement , la décoration , les couleurs tout fait rêver dans ce palais des Mille et une nuits .
Nous quitterons ces lieux à regrets vers une heure du matin , pour reprendre les cars qui nous ramènerons au port ; à peine couché , une bande de jeunes avec leur guitare , voulant continuer la fête firent le tour des bateaux ; certains se coucherons à cinq heures du matin .
.
Dimanche 13 Août 2000 :
Une page était tournée , il fallait maintenant envisager le retour ; après le café et la douche , on pense à la préparation du bateau ; il faut faire le plein de gas-oil , d’eau et de vivres frais que l‘on conserve au « frigo » ; il faut évidemment faire du froid à quai , en mer celui-ci n’est alimenté que lorsque le moteur tourne , car les batteries sont réservées aux fonctions vitales du bateau (démarrage du moteur , radio , g.p.s., pompe de cale , feux de navigation , alimentation en eau , etc.)
On fait le tour des amis pour leur dire au revoir , en particulier à Georges , Simone , Luc , Marianne , Thierri , Magali et leurs enfants en espérant se retrouver sur le chemin du retour le long des côtes de Sardaigne .
Cap au 285° pour rallier Bizerte en passant le cap Bon : nous allons changer de continent .
Mer peu agitée , temps chaud , vent 12 nœuds ; puis la météo se détériore un peu ; devant le cap Bon un vent de face de 15 à 20 nœuds nous oblige à naviguer au moteur , le courant nous ralenti fortement , la mer s’agite et la nuit ne fut pas très agréable .

Posté le : 29/03/2009 14:38
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sites utiles
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Posté le : 12/03/2009 16:18
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"Que du bonheur"
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Pour notre troisième participation à la Route du Jasmin, nous aimerions féliciter Jo Miniti pour l’organisation de l’édition 2008.
Nous avons eu beaucoup de plaisir à régater avec les catamarans « Prince de mers »et « Baradal » ainsi qu’avec les autres monocoques inscrits en régate.
Beaucoup de convivialité et des contacts sympathiques à terre, raison pour laquelle nous vous disons à tous merci.
Pour ceux que cela intéresse, un petit résumé, avec photos, de « notre » route 2008 vous attend sur notre site internet www.catamaran-tatanka.ch
A bientôt et cordiales salutations à tous.

Posté le : 02/03/2009 10:15
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Recherche un embarquement pour le retour de la Route du Jasmin
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Cher ami navigateur de la Route du Jasmin 2009, bonjour,

Je suis inscrit pour participer à la Route du Jasmin 2009 l’été prochain
comme équipier sur un voilier qui ne connaît pas la date de son retour en
France.
C’est pourquoi je recherche éventuellement un embarquement pour le retour
(vers la France de préférence) à partir du 17 août, date de la fin des
festivités de l’arrivée à Hammamet.
Je propose ma participation à la vie à bord et aux manœuvres bien
évidemment, dans la joie et la bonne humeur, car c’est intrinsèquement dans
ma nature ! … J’ai 63 ans, je suis dynamique et enthousiaste, et j’ai une
solide expérience de la navigation à la voile. Je peux même vous proposer un
reportage photos en toute simplicité et sans aucune perturbation, si cela
vous intéresse. Je serais heureux de disposer de quelques jours pour visiter
la Tunisie avant de remonter vers la France, mais ce n’est pas obligatoire.
Je suis à votre entière disposition sur votre demande pour répondre à toutes
vos questions concernant mon expérience en la matière marine.
Dans l’attente d’un prochain contact, recevez mes sentiments sportifs et
cordiaux.

Posté le : 18/02/2009 18:39

Edité par Mineti Jo sur 22/2/2009 12:43:39
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Re: Domino sur la route du Jasmin
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Bonjour Odile et Roger

Ici Fab qui envisage de participer à la route du jasmin cet été. Tu étais le plus petit l'an dernier avec Domino? Mon Gib sea 28 mesure 9m. Y en a t il d'autres comme nous ? Quels sont les conseils les plus importants que vous ayez à me donner ? Merci

Posté le : 31/01/2009 16:17
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Re: FELICITATIONS
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Bonjour Julio,
Nous pensons participer à la route du jasmin l'été prochain.
Vous serait-il possible de répondre à quelques une de nos questions ?
Je vous envoie nos coordonnées en message privé.
A bientôt.

Posté le : 29/01/2009 13:46
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